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Stadoceste Tarbais

Photos « collector »

Ces photos collectées par notre ami Daniel Mur retracent la riche histoire du club de rugby tarbais :

Champion de France 1920

Champion de France 1973

Les équipes du Stado

Collection de fanions

Histoire du Stado

1940

Champion de France 1973

Jubilé Philippe Dintrans (28 août 1993). On reconnaît, parmi les joueurs à gauche, Serge Blanco.

Le stade Jules-Soulé à Séméac

Avant Maurice-Trélut, le Stado jouait dans ce stade (de 1907 à 1970). Toute son histoire ici.

Bréjassou

Origines du Stadoceste

Importé de Grande-Bretagne, le football (premier nom du rugby !) fit son apparition à Tarbes vers 1895. A cette époque, il était pratiqué de façon épisodique par de jeunes amateurs, mal équipés et opérant sans structures administratives.

Ces jeunes gens avaient pour meneurs Frédéric de Lafitole, Lescar, Moles. Ceux-ci prirent l'initiative de fonder une société de sports ayant pour objet la pratique des sports à l'honneur à l'époque, à savoir le football, l'escrime, les poids et haltères et la boxe française. Le 24 mai 1901 se réunit l'assemblée générale constitutive. Parmi les 73 membres présents on relève les noms de personnalités fort connues sur la place de Tarbes. Les docteurs Batsère, Cazade, Père, Sempé, MM. Paul Dangos, Darmau François,  Dencausse Henri, Ducor, Lansac, Payssé, etc.

Plusieurs propositions furent émises quand à l'appellation de la nouvelle société. Celle de Paul Dangos "Ceste Tarbais" fut retenue. Le ceste était, dans l'Antiquité, un gantelet de cuir, armé de plaques de fer ou de plomb pesant au-tour de trois kilos. Les combattants s'adonnant au pugilat adaptaient un ceste à chaque main.

Le public accueillit avec sympathie la naissance du Ceste et cet engouement se traduisit par l'ouverture d'une salle de boxe et d'escrime, et la mise sur pied d'une équipe de rugby.

Dans la même période, deux jeunes potaches, Jean Sentilles et René Duffour, mettaient sur pied le Stade Tarbais qui fut constitué le 4 octobre 1901, avec pour objectif la pratique du rugby, et pour couleurs le bleu et le noir. Pour s'entraîner les deux sociétés ne disposaient que d'un seul terrain, celui du champ de manœuvres, propriété de l'armée. La nécessité fit qu'un entraînement en commun fut programmé le 26 octobre 1901. Loyale certes, mais d'une intense vitalité, la rencontre eut pour effet d'engendrer une admirative sympathie dans les deux camps.

Dirigeants et joueurs tombèrent rapidement d'accord pour fusionner sous l'appellation Stade-Ceste Tarbais, adoptant également les couleurs blanc et rouge. Cette appellation d'origine fut accidentellement modifiée par un typographe qui imprima Stadoceste Tarbais.

" De tous les noms de sociétés sportives françaises il n'en est pas de plus original que celui dont se trouve parée notre vieille société tarbaise ", constate avec fierté un chroniqueur des années 30.

Nom original qui distingue le club tarbais des innombrables et anonymes Football Club, Sporting Club, Stade, Rugby Club, etc., etc. et qui est indissolublement lié à la cité tarbaise. Pour la France sportive, le Stadoceste, c'est Tarbes à l'exclusion de tout autre.

Toutefois, ce nom fut emprunté par le Stadoceste Lourdais (1910-1911) société rivale du FC Lourdais alors à ses débuts, par le Stadoceste Narbonnais (années 60). Ces clubs n'eurent qu'une existence éphémère.

L'ambiance d'un baptême

" Ah ! ces débuts du Stadoceste ! Cette fièvre des premières batailles ! Toutes les volontés étaient tendues vers le succès de l'équipe avec une abnégation fervente. Les membres actifs au prix de sacrifices personnels inouïs alimentaient leur caisse de réserve. Quelques membres honoraires se laissèrent facilement taper de subsides supplémentaires ".

Le Stadoceste n'est pas né dans la pourpre mais son enfance fut vigoureuse, enthousiaste et féconde.

INTERNATIONAUX DU STADOCESTE TARBES

CAUJOLLE Jean, LATERRADE Guillaume, ROUJAS Ernest, DUFFOUR René, SENTILLES Jean, SEBEDIO Jean, LACOSTE René, FAURE, CASSAYET Aimé, LAR-RIEU Jean, BOUBEE Jean, CAYREFOURCQ Edmond, JEANGRAND Henri, BALLARIN Jacques, DUCOUSSO Jean, DESTARAC Louis, VILLA Ernest, PIQUEMAL Maixent, CAMICAS Fernand, LIBAROS Georges, PEYRA-LADE Henri, MERET François, DUTREY Joseph, FERRIEN Roger, BREJASSOU René, DUPUY Jean, CAZAUX Louis, ABADIE Lucien, RUIZ André, SILLIERES Jean, PAUL Christian, PECUNE Joël, DINTRANS Philippe, Maleig Alain, JA-NECZECK Thierry, ARTHAPIGNET Pierre, HONDAGNE Michel, VAN HEERDEN Dries.

PALMARES DU STADOCESTE TARBAIS RUGBY

- Equipe première : Champion de France 1919 (officieux) -1920-1973 ; vice-champion 1914-1951-1988.

- Equipe deux: Champion de France 1913-1919-1934; vice-champion 1920-1926-1966-1984.

- Equipe trois: Champion de France 1923

- Equipe quatre : Champion de France 1913-1929.

- Juniors A : Champions   de   France   1939-1952;   vice-champions 1954-1972-1983.

- Juniors B : Champions de France 1951-1952-1968-1970 ; vice-champions 1971.

- Cadets:  Champions de  France  1970-1988;  vice-champions 1978-1989

soit 17 titres de champion de France,  13 fois vice-champions

A travers l'histoire du Stado

o Aux origines du football chaque équipe était dotée d'un chargeur. Cet équipier, puissant, était épaulé par ses camarades pour tenter de perforer, barette en main, la défense adverse. Le capitaine se nommait "le chef d'équipe" et était soumis à élection. Le premier chef d'équipe du Stadoceste fut René Duffour.

o II en coûta trois francs aux dirigeants et joueurs du Stadoceste pour participer au premier (et plantureux) banquet organisé par le comité directeur en 1904. Les spectateurs acquittaient un droit d'entrée de 50 centimes pour les places de premier ordre et de 25 centimes pour celles de second ordre.

o Le football association (l'assoce) fut introduit en Bigorre peu après le début du siècle. La première société à le pratiquer fut le Stadoceste Tarbais. De nombreuses rencontres d'association eurent lieu en lever de rideau du rugby au parc des sports de Sarrouilles.

o En mars 1908, la section paloise menée 6-0 quittait le terrain. C'était une première. Le chroniqueur de l'époque note : " Le public tarbais n'avait jamais vu aucune équipe témoigner aussi ouvertement sa mauvaise humeur et son dépit de n'avoir pu vaincre l'adversaire ".

o Venu à Tarbes comme entraîneur-joueur du Stadoceste, l'international anglais Hayward instaura "un entraînement sévère suivant la méthode anglaise". Jules Soulé cautionna le communiqué suivant : " Nous avons le regret d'annoncer aux habitués des séances d'entraînement qu'il ne sera plus possible d'y admettre le public. Le capitaine de l'équipe 1, à qui cet entraînement est confié, désire ne voir sur le terrain que des joueurs en tenue de football. Il estime que cette décision est indispensable pour un travail efficace ".

o En 1919, le titre de champion de France fut acquis grâce à un drop à 4 points de l'arrière Balansa. Fils d'importants propriétaires terriens du Paraguay, Balansa doté d'un énorme coup de pied fut baptisé "Le Gaucho". De par ses origines sud-américaines, mais aussi parce qu'au cours d'un entraînement il captura au lasso son coéquipier Duthu.

o La rivalité Tarbes - Toulouse fut très vive entre les années 1906 et 1912. Pour la première fois, en 1910, le Stadoceste, vainqueur à Tarbes et battu à Toulouse, disputa la belle et en sortit vainqueur. Lors du match de Toulouse, Caujolle fut mordu par un Toulousain. La vox populi accusa Ramondou. Lorsque les Toulousains débarquèrent en gare de Tarbes, ils furent accueillis par une foule de supporters tarbais brandissant des muselières à l'intention de l'anthropophage toulousain.

o Grande première cinématographique au théâtre Caton, place au Bois de 1911. Le Stadoceste est champion des Py-rénées en battant Toulouse à Montauban (4-0). Engouement populaire extraordinaire. La rencontre fut l'objet "d'une reproduction cinématographique le samedi et le dimanche par l'Apollo Théâtre cinématographique de Toulouse". Le film était certes muet mais pas le public. Les deux séances se déroulèrent à guichet fermé.

o L'école de rugby du Stadoceste fut créée en 1961 par Georges Bernadet à la demande du président Raymond Castells. Elle s'est imposée comme une des meilleures de France. Ce championnat de France des cadets, mis sur pied en 1969-70 par la FFR, a vu les oursons participer quatre fois à la finale en 21 saisons et remporter deux fois le titre. Palmarès sans égal dans l'hexagone. Les minimes dans le championnat de France organisé sous l'égide de l'UFOLEP depuis quinze ans ont disputé quatre fois la finale nationale et conquis trois fois le titre. Là encore le palmarès n'a pas son égal en France.

o Aux obsèques de Jules Soulé, le ténor René Solano (de l'Opéra de Lyon) chanta la messe. C'est ainsi qu'il interpréta "le Misérémini Meï Motet pour les morts" que lui avait appris et fait travailler son maître Marcelin Duclos de l'Opéra. Ce fut pour René Solano un grand honneur que de rendre hommage à un président qu'il admirait.

o Instituteur à Caixon, André Chanau fit soixante kilomètres à bicyclette pour assister aux obsèques de Jules Soulé. Chanau parle aujourd'hui encore avec beaucoup de nostalgie de cet incomparable président.

o Maurice Trélut fut un joueur apprécié du Stadoceste après avoir débuté à la Pyrénéenne. Entré à l'école vétérinaire de Toulouse, il joua au Veto Sport Toulousain puis ses études terminées regagna Tarbes et le Stadoceste. Il fut le premier président du Comité Armagnac-Bigorre créé en 1912. Elu maire de Tarbes, il s'opposa aux occupants allemands et fut déporté par la Gestapo. Il mourut en déportation. Son souvenir est perpétué par le Stade municipal qui porte son nom.

o C'est en 1930 que Jean et Marie Rodine prirent leurs fonctions de concierges au stade de la route de Sarrouilles. Fuyant la révolution d'Octobre, Jean Rodine, Russe blanc, avait trouvé refuge en France. Par une nuit d'été de 1933, Jean déserta la couche conjugale ! Son escapade ne le mena pas loin car son épouse le retrouva au petit matin sous le chapiteau de toile qui servait d'écurie aux "Cosaques Djighites" qui s'étaient produits en "exhibition sur le stade l'après-midi. Les retrouvailles avec ses compatriotes, quelques flacons de vodka, lui avaient fait perdre toute notion de l'heure.

Interview du capitaine tarbais Paul Galiay, blessé avant la finale de 1920 : Blessé le dimanche précédent, je n'étais pas sûr, dix minutes avant le match de tenir ma place. Une vilaine entorse m'avait tenu au lit toute la semaine et était restée rebelle aux soins les plus éclairés, insensible aux prières, aux bougies, aux toiles d'araignées qui devaient conjurer le mauvais sort. Fort heureusement, le masseur bordelais Salie me remit sur mes deux pieds par une manipulation habile juste avant le coup d'envoi ".

o Le traditionnel concours de pronostics de "La Nouvelle République" de 1973 bénéficiait d'une exceptionnelle dotation. Le premier prix - une Renault 4 Luxe - revint à M. Jean-Louis Lacaze de Juillan devançant Régine Pamis (Laloubère) et Yvonne Perin (Tarbes). Six concurrents avaient pronostiqué la finale Tarbes-Dax. 800 concurrents participèrent au concours.

o Demi de mêlée de l'équipe de 1951, Lulu Duffourc ne connut pas la récompense suprême. En revanche, son père fut champion de France avec le Stadoceste en 1919 (éq. II). Situation inverse chez les Save où le fils Alain fut champion de France (1973) alors que son père Armand manqua de peu le titre en 1951. Parmi les possibles pour un doublé "père-fils" notons les rejetons de Sénac, C. Paul, F. Marin, J. Pécune qui font leurs armes au sein des équipes juniors du club.

o Mandaté par ses amis du comité, Pierrot Chanfrau s'était mis en quête de trouver un ours vivant lors de la finale 1951. Un premier plantigrade se révéla trop méchant. Un second (sachant faire du vélo et du patin à roulettes) semblait faire l'affaire lorsque son propriétaire émit le souhait d'emmener sa famille au Stadium aux frais du Stadoceste. Echec des négociations lorsque la famille se révéla forte de 48 personnes.

o La réputation du Stadoceste Tarbais dépasse les frontières hexagonales. C'est ainsi que les Tarbais ont joué en Allemagne, en Italie, en Roumanie et en Espagne. Ils se sont produits également en Afrique du Sud et au Maroc.

o La tournée en Afrique du Sud eut lieu en 1974. Sponsorisée par la marque BOLS leaders locaux des boissons alcoolisées, elle fut prétexte à de nombreuses réceptions généreusement arrosées. Le comportement de l'équipe sur les terrains s'en ressentit et la discipline du groupe subit quelques attentats aux bons usages.

o Le président Castells prit très mal la chose et au retour de la délégation, demanda à la FFR de sanctionner les joueurs tarbais. Cette demande recueillit l'approbation (admirative) du président Ferrasse et eut un grand retentissement dans le monde d'Ovalie. Objets d'un blâme FFR le directeur de la tournée et l'entraîneur furent par la suite blanchis. Le Stadoceste demanda la suspension de 14 joueurs tarbais pour tout le mois de septembre (3 Du Manoir et 2 championnats). Pour 3 joueurs plus directement responsables : suspension pour la phase aller des poules du championnat. Pour éviter un éventuel détournement des sections, les joueurs furent interdits de mutation.

o En 1951, Robert Bel, talonneur virtuose du Stadoceste était déclaré inapte à affronter Toulon par la médecine traditionnelle. Il eut alors recours à un manieur de pendule de Luz nommé Henri Nogué. Le magnétiseur toy fit un miracle et Beluche put tenir sa place avec brio.

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Biographie Jules Soulé

Jules, Pierre, Marius Soulé vit le jour à Toulouse, le 10 juillet 1878. Son père Jean et sa mère, Pauline Saint-Martin, appartenaient à la bourgeoisie aisée toulousaine. Alors qu'il était élève au lycée de Toulouse, le jeune Jules Soulé se prit de passion pour un sport tout nouveau dans la région toulousaine, à savoir le rugby.

C'est tout naturellement qu'il pratiqua au sein de l'équipe du lycée qui fut mise sur pied en 1892. Dès ses débuts, il s'affirma comme un meneur d'hommes de tout premier plan et il poursuivit sa carrière sportive dans un club "civil" qui tenait le haut du pavé dans la cité des Violettes, le Sport Olympique Etudiant's Club qui était à l'époque le rival (malheureux) du SBUC, baptisé le lion bordelais. Une autre société toulousaine, le Veto Sport (émanation de l'école vétérinaire) disputait la suprématie au SOET.

En mai 1907, le Soet et le Veto Sport fusionnèrent sous-lé nom de Stade Toulousain. Le désir exacerbé de battre le SAUC présidait à cette fusion. L'opération ne fut pas du goût de tout le monde et Duffourc et Pomès qui jouaient au SOET regagnèrent leur club d'origine à Tarbes. Roujas les accompagna et surtout le dynamique Jules Soulé qui vint s'installer de façon définitive dans la capitale bigourdane. Les suivirent également Caujolle, Bénazet, Estrade, Lanusse, Brisemontier, Claverie et Peyrot.

Cet apport considérable fut à l'origine de l'essor du Stadoceste qui, trois ans plus tard, détrônait le Stade Toulousain, inamovible champion des Pyrénées. D'emblée, Jules Soulé fut investi de la totale confiance de ses camarades dirigeants et installé à la présidence du Stadoceste.

Premier problème à résoudre : avoir un terrain en propre. Le champ de manœuvre en partage avec l'armée, puis le pré de la blanchisseuse s'avéraient insuffisants. Négociation opiniâtre et diplomatie, il obtint d'un éleveur de chevaux de Sarrouilles un bail pour l'utilisation d'une vaste prairie naturelle et le 7 novembre 1907, le Stadoceste inaugurait son terrain tracé et baptisé terrain Lamarque. Deux saisons plus tard, Jules Soulé faisait clôturer le Stade en "planches jointes" et ériger des tribunes spacieuses. Tout ceci fut réalisé en grande partie grâce à la générosité du président tarbais qui finançait de ses deniers tous ces travaux.

L'évolution technique du Stadoceste

Les talents de gestionnaire de Jules Soulé se doublaient d'exceptionnelles qualités d'anticipation sur l'évolution technique du rugby. Pour faire progresser son équipe, il fut des tout premiers à faire venir à Sarrouilles des équipes anglaises de très haut niveau. C'est ainsi que le 28 mars 1910, les Gallois de Cardiff venaient donner la leçon aux Tarbais. Le 6 novembre 1910, c'était au tour de Cheltenham (comité de Gloucester), riche de deux internationaux de se produire contre le Stadoceste.

Le jour de Noël 1910, le comité de Surrey venait donner la réplique aux locaux. Toujours à l'occasion des fêtes de Noël en 1911, la venue du Comité des Midlands voyait la première victoire (20 à 15) sur les maîtres britanniques. Mais, les trois défaites des rencontres initiales avaient fortement contribué à la progression technique du jeu tarbais.

Décidé à aller plus loin, Jules Soulé à l'amorce de la saison 1911-1912 s'attache les services d'un entraîneur joueur de grand talent, le trois-quarts centre Hayward, international anglais. Celui-ci aura une grosse influence sur le jeu tarbais et le Stadoceste se hissera dans le quatuor des meilleurs clubs français.

Jules Soulé suspendu un an !

Déboulonner l'inamovible champion des Pyrénées - le Stade Toulousain - figurait parmi les objectifs rapprochés du président du Stadoceste. Ce vœu se réalise en 1910. A l'époque, il fallait être champion de son comité pour disputer la phase finale du championnat de France. Vainqueur à Tarbes du Stade Toulousain, le Stadoceste s'inclinait à Toulouse. La "belle" s'imposait et après tirage au sort fut fixée à Tarbes et le Stadoceste devint champion des Pyrénées.

Même scénario en 1911 mais innovation du comité des Pyrénées, la belle se dispute en terrain neutre à Montauban. Le Stadoceste élimine à nouveau le Stade Toulousain (4-0).

En 1912, les Toulousains vainqueurs à Toulouse (6-3) arrachant le nul (3-3) à Tarbes avec (selon le public tarbais) l'appui de l'arbitre. Celui-ci aura à rendre des comptes à l'issue de la rencontre aux supporters déchaînés sautant sur l'occasion de faciliter les qualifications futures du Stade Toulousain, le comité des Pyrénées suspendit le terrain tarbais pour trois ans et Jules Soulé et le vice-président Maumus pour un an.

Ces sanctions déchaînèrent la colère dans la ville de Tarbes. Réunion du conseil municipal, de l'Association des Commerçants tarbais, des supporters du club (400 participants) et bien sûr du comité directeur du Stadoceste. D'énergiques actions de ces organismes aboutirent à la levée de la suspension du terrain pour trois ans. Tout puissant au comité des Pyrénées, le docteur Paul Voivenel (aux origines bigourdanes avérées) influença fortement le maintien de la sanction. La qualification de "renégat" fut la plus amène des injures qui s'abattirent sur lui.

Devant ce coup du sort, Jules Soulé, aidé de René Duffourc, organisa la riposte. Il créa le comité Armagnac-Bigorre, le 6 juillet 1912. Indépendant du comité des Pyrénées, le comité Armagnac-Bigorre prit, en priorité, la décision de requalifier le terrain du Stadoceste.

Dès 1913, Jules Soulé connaissait l'immense joie des premiers titres de champion de France du Stadoceste, titres obtenus par les équipes 2 et 4. (Il n'y avait pas alors de-classification par âge). Intense satisfaction en 1914 avec l'accession à la grande finale nationale contre Perpignan mais énorme déception avec une défaite injuste concédée d'un petit point dans les ultimes minutes.

La Grande Guerre

Eclate alors la Grande Guerre. Les joueurs sont mobilisés, le terrain réquisitionné, et les premières annonces de "mort pour la patrie" s'abattent sur le club patriote, ardent, Jules Soulé contracte un engagement volontaire pour la durée de la guerre dès le début des hostilités. Une citation flatteuse lui confère la croix de guerre et il sera plus tard décoré de la prestigieuse médaille militaire.

A la fin de la guerre, Jules Soulé et ses fidèles Maumus, Duffourc, Sentilles sont impatients de rebâtir le Stadoceste. Mais la "succession" a été assurée par le Stade Tarbais, issu de multiples fusions de nombreux clubs fondés pendant la tourmente, et utilisant le terrain de Sarrouilles. Le 29 mars 1919 au Café de la Colonne est votée la fusion du Stade Tarbais et du Stadoceste et la nouvelle société se nomme Stadoceste Tarbais et dispute et gagne la finale du championnat de France contre L'Union (4-3). La réception soulève un enthousiasme fabuleux. Jules Soulé est salué par des ovations qui éclipsent celles réservées aux autres participants.

Mais la compétition du bureau devait réserver de désagréables surprises aux anciens du Stadoceste. Ecartés pour les plus notoires d'entre eux, des postes de responsabilités et notamment de la présidence, ils entreprirent de relancer le Stadoceste avec ses structures d'avant la guerre.

Le 23 mai 1919 une assemblée générale où se retrouvaient les anciens joueurs et dirigeants élisait un comité directeur qui réinstallait Jules Soulé à la présidence. Sur la lancée, le Stadoceste entamait une action auprès de la fédération pour'annuler la fusion avec le Stade tarbais. La décision prise le 24 juin déclarait nulle la fusion. Le Stadoceste récupérait le terrain de Sarrouilles, le siège de la Colonne, et un potentiel impressionnant de joueurs de qualité. Par contre, le Bouclier de Brennus porte pour 1919 le nom du Stade Tarbais.

Le sacre en 1920

L'auréole prestigieuse qui cernait la personnalité de Jules Soulé fit que la majorité des joueurs (champions de France avec les équipes 1 et 2) opta pour le Stadoceste. Certes, quelques départs notoires furent enregistrés : Jauréguy, Bordes, Berréns (Racing), Balansa (Toulouse), Mandret (Bordeaux), Vogt (Tours). Le retour de tous les mobilisés et la venue du cheminot toulousain Larrieu et du Biarrot Boubée permirent au président Soûlé d'aligner une très forte équipe qui conquit le titre national contre le Racing.

Ayant définitivement raccroché les crampons, Jules Soulé se voue corps et âme au Stadoceste qui constituait sa passion unique. Pour cet apostolat, on lui pardonnait tout : ses rebuffades avant le match, ses interventions véhémentes du bord de touche, de mauvaise humeur après la défaite. Inflexible dans sa vie privée, il n'avait de faiblesse que pour "ses" joueurs. Populaire, il l'était non seulement en Biqorre, mais aussi sur tous les stades de France où son apparition faisait toujours sensation. Le public des populaires, avec une forte nuance de respect, le saluait familièrement d'un "Monsieur Jules" affectueux lors de son entrée sur le terrain.

Les tempêtes

En près de quarante ans de présidence active d'un grand club, il fut fréquemment critiqué, attaqué et souvent avec violence. Mais chaque saison le voyait maintenu en place dans l'unanimité des assemblées générales. C'est là une manifestation de confiance unique dans les annales du rugby.

En 1930, il eut affaire à l'opposition d'un groupe de dirigeants favorables à une adhésion du Stadoceste à l'UFRA. Ce groupement des plus grands clubs français entrait en dissidence avec la FFR afin de protester contre la progression du jeu dur. Une rencontre tristement célèbre, contre Lourdes, l'amena à réviser son jugement et le Stadoceste intégra le groupe des 12.

En 1935, après une victoire surprise du Stadoceste Tar-bais sur le SBUC en 1/4 de finale, des sanctions draconiennes inspirées par les battus frappèrent quatre des huit avants. Jules Soûlé se défendit bec et ongles mais ne put venir à bout de l'injustice fédérale. Cela fit le bonheur de Biarritz qui battit le Stadoceste en 1/2 finale et conquit ensuite le titre de champion.

1939. Encore la guerre! Après avoir décidé une nouvelle fois de mettre la clé sous la porte, Jules Soûlé cède aux sollicitations pressantes qui s'expriment d'un peu partout. Juniors champions de France, joueurs au front, surpris et inquiets de ce renoncement, alors que tous les clubs s'évertuent à survivre. Les produits de la ferme permettent au Stadoceste de figurer honorablement sur le plan sportif.

Mais sur le plan personne!, Jules Soulé eut à souffrir énormément des événements de l'époque noire de l'occupation. Très fortuné lorsqu'il s'installa à Tarbes, Jules Soulé vit son patrimoine fondre selon la conjoncture et surtout selon les besoins financiers de son cher Stadoceste. Quasiment privé de ressources, il n'abandonnait pas pour autant son combat pour maintenir le club parmi l'élite.

Le coup de grâce

Terrible fut sa dernière épreuve. A l'orée de la saison 1944-1945, le FC Lourdais et Tarbes 13 se partagèrent le Stadoceste. Léon Bordenave, Robert et François Soro, Saint-Pastous, Carassus ralliaient la cité mariale. Larrieu, Peyralade, Duthu, M. Loste, Bernadet, Greletty, Chaubet, Thil, Dulon, Bel, Prunel, Carassus (Bentoure) constituaient l'ossature de Tarbes 13 mis sur pied par une équipe dirigeante fleurant bon la défunte A.S. Tarbaise.

Une fois de plus, Jules Soulé s'attela à remettre sur pied une équipe saignée à blanc. Aidé dans sa tâche par Alain Maupomé, il fait le porte à porte pour convaincre les hésitants et aussi pour persuader quelques anciens de rechausser les crampons. C'est ainsi que Chanau, Pédeutour, Cabannes, Lahet, Hernandes qui n'ont rien à refuser à leur ancien président, aimé et estimé.

Capitaine de l'équipe, Georges Libaros entretenait des liens serrés avec Jules Soûlé, pour qui il avait une affection quasi filiale. " Cette saison fut la plus pénible de M. Soulé, car il fut sans cesse la proie d'énormes soucis. Il a peur de voir le Stadoceste mourir avant lui. Tout le monde voit le président décliner. Il est souffrant mais refuse de se soigner car il faut qu'il soit à son poste tant que la saison n'est pas terminée ".

La saison se termine honorablement, battu en 8e de finale de la coupe par Narbonne (9-4).

Alors, Jules Soulé songe à lui, mais il est trop tard. Quinze jours suffisent à le terrasser. Il s'éteint en pleine lucidité, le 12 mai 1945, usé par les tâches permanentes qu'il dût assumer.

Les obsèques réunirent une foule considérable et une importante délégation du Stadoceste accompagna Jules Soulé jusqu'au cimetière toulousain de Terre Cabade où il fut inhumé dans le caveau familial.

Le 27 mai 1945, le comité directeur du Stadoceste sous la présidence de Joseph Fouriscot donnait le nom de "Stade Jules-Soule" au légendaire stade de Sarrouilles. La municipalité tarbaise perpétuait sa mémoire en baptisant rue Jules-Soulé, une artère voisine du jardin Massey.


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Le Stado et ses quatre terrains

Le stade Jules-Soulé a fêté ses 85 ans, c'est le 17 novembre 1907 qu'eut lieu le premier match de championnat sur la pelouse de la route de Sarrouilles aujourd'hui stade Jules-Soulé. L'adversaire du Stado était le Bordeaux Etudiant Club et la victoire (7-0) revint aux Tarbais commandée par Jules Soulé.

Les premières rencontres eurent lieu au champ de manœuvres, utilisé par le 53e Régiment d'Infanterie et situé sur les bords de l'Echez. Le cycle des rencontres organisées fut inauguré le 30 novembre 1901 contre l'Etoile de Vic-Bigorre. A la mi-temps, un thé fut servi aux équipiers par les soins de M. Dauphole.

Le soir, les adversaires de la journée fraternisèrent autour d'un punch qui fut servi dans les salons du Café des Antilles, siège du Stade Tarbais sous la présidence de M. Louis Sentilles.

Ce terrain fut piqueté et entouré de fils de fer. Ce matériel était soigneusement rangé à l'issue du match chez le mastroquet de l'endroit : le père Coco. Un grand arbre tenait lieu de vestiaire contraint de partager le terrain avec les militaires, le Stadoceste décida de quitter le terrain de l'Echez pour s'installer dans un vaste pré situé à l'angle de la rue Massey et de la rue Clarac. Ce pré appartenait à un entrepreneur de transport, M. Calestrémé, qui le louait à une blanchisseuse Augustine, dite "Titine la blanchisseuse". Le terrain fut dénommé terrain de Lacaussade. Mais les crampons des joueurs en labourant le terrain, s'avérèrent préjudiciables à la propreté des draps étendus par Titine qui, par ailleurs, pestait de ne pouvoir utilisé son pré le dimanche lorsque la semaine était par trop pluvieuse. Aussi le Stadoceste utilisa-t-il à nouveau le champ de manœuvres en alternance.

En mai 1907, Jules Soulé, joueur de qualité du Stade Toulousain, vint s'installer à Tarbes, cédant aux pressions de R. Duffour, ceci à la suite de la fusion du Stade Toulousain et du Veto-Sport, fusion qu'ils désapprouvaient. Avec eux, Roujas, Benazet, Caujolle, Estade, Brisemontier, La-nusse, Claverie et Peyrot adhérèrent au Stadoceste.

Homme d'action, passionné de ce sport relativement nouveau qui était le rugby, Jules Soulé se vit confier les plus hautes responsabilités au sein du club et sans tarder entreprit de le doter d'un terrain. Il jeta son dévolu sur une belle prairie voisine de la société de Toulouse, mais se heurta au refus de la supérieure de Saint-Frai peu soucieuse de céder son pré à des hommes se livrant à des exercices brutaux dans une tenue indécente.

Nouvelle démarche auprès de M. Lamarque, maire de Sarrouilles, éleveur de chevaux pour une belle pièce herbagée sise sur la route de Trie et nouveau refus.

Tenace, Jules Soulé revint à la charge appuyé par le docteur Paul Sempé (éleveur lui aussi) et à l'occasion de courses à Laloubère entreprit une nouvelle démarche. " N'ayant rien à refuser à son ami l'éleveur Sempé ", M. Lamarque céda le terrain.

Rapidement équipé de poteaux, tracé à la chaux, les rigoles d'irrigation comblées, le terrain fut inauguré le 17 novembre 1907.

Le journal "Pyrénées" relate ainsi l'événement :

" L'endroit est très heureusement choisi au milieu d'une belle prairie au gazon épais et velouté, en bordure de la large route de Sarrouilles, en dehors de la ville et pas bien loin dans la campagne : une petite promenade à la portée de toutes... les jambes ".

" Un nombreux public a suivi avec intérêt la rencontre. Après une lutte serrée, ardente, de part et d'autre, après des cabrioles inattendues, des chutes voulues, des poursuites acharnées, des passes de ballon bien réglées et admirablement réussies, après enfin, toutes les péripéties qui passionnent toujours le public qui les suit avec attention, le match a pris fin par la victoire du Stadoceste par 7 à 0.

" Un ban est frappé, des hourrah sont poussés, puis vainqueurs et vaincus, réconciliés, se rendent au cercle du Café du Centre. Gloria Victis ! Vae apéritifs ".

Amélioré en 1909 et 1910

" Le 17 octobre 1909, le Stadoceste inaugurera les nouvelles installations grâce à la générosité de son dévoué président M. Soulé d'importantes améliorations sont en voie d'établissement. Une clôture en planches parfaitement jointes limitera d'abord l'ensemble du terrain dès maintenant loué à l'année. En outre, des tribunes spacieuses et confortables confiées à l'entreprise compétente de M. Bottin. offriront à une notable partie des spectateurs, en même temps que l'abri indispensable, une vue plus facile et plus complète des péripéties constitutives d'un match de football ".

Quand l'été 1910, les tribunes sont agrandies et des guichets sont installés en face ce qui permettra de compter 10000 spectateurs pour un fameux Tarbes-Toulouse.

Les tribunes seront définitivement achevées fin 1946.

Un éclairage de fortune installé en 1972 permettra l'organisation en nocturne des populaires Trophées de Bigorre. A la même époque, une salle de réunion faisant aussi fonction de réfectoire est construite par M. Raymond Castells, président du Stadoceste. Très fréquentée par joueurs et dirigeants qui apprécient fortement son ambiance chaleureuse, cette salle a beaucoup contribué à intensifier l'attachement de tous au vénérable stade Jules-Soulé.

Fin 1968, la ville de Tarbes mit à la disposition du Stadoceste, le stade municipal Maurice-Trélut. L'inauguration officielle eut lieu le 5 janvier 1969 contre Perpignan.

La conception des installations réservées aux spectateurs est peu propice à la transmission de la ferveur des supporters aux joueurs évoluant sur la pelouse. Trop éloignés du terrain, les spectateurs n'arrivant que rarement à transcender l'équipe par leurs encouragements. La chaude ambiance de Jules Soulé est fréquemment évoquée avec nostalgie par ceux qui ont pu, dans le passé, apprécier ses extraordinaires bienfaits sur le moral des joueurs.

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L'école de rugby du Stadoceste

C'est en 1961 que Georges Bernadet créa l'école de rugby du Stadoceste avec l'appui inconditionnel du président Castells.

Il apparaissait nécessaire d'initier et de former de façon méthodique les gamins qui souhaitaient pratiquer le rugby. Cette innovation prenait le pas sur la "formation sur le tas" qui prévalait à l'époque.

Lors de l'ouverture en octobre 1961, un petit contingent d'une vingtaine d'écoliers figuraient sur la photo initiale en compagnie de Bemadet qui assurait les fonctions d'éducateur, et de R. Castells.

Une culture Stadoceste était née.

Le succès fut immédiat pulvérisant les prévisions les plus optimistes. Le stade Jules-Soulé s'avéra rapidement trop exigu pour abriter les effectifs à la progression galopante. Enthousiasme et courage, car il ne faisait pas toujours bon le dimanche matin pour se mettre en tenue de sport ! Aussi, le transfert au centre aéré de Bours, mis à la disposition du club par la municipalité tarbaise, s'effectua rapidement.

Dans ce cadre verdoyant, durant 28 ans, se sont élaborées les bases des futures équipes du Stadoceste. La liste serait longue, très longue des joueurs de nationale ayant débuté à l'école du Stadoceste. Parmi les plus connus, Darge-lès, Ruiz, Pécune, Dintrans, Janeczek, Hondagné, Aubin Hueber ont été poussins avant d'afficher... le coq du maillot de l'équipe de France.

L'exemple tarbais fut suivi un peu partout en Bigorre et dans l'hexagone. Mais le fait d'avoir joué un rôle précurseur confère à l'école du Stadoceste une renommée et un prestige incontestables auprès de ses homologues.

Le palmarès est aussi un élément de l'énorme considération dont jouit l'école tarbaise. En minimes, trois titres de champion de France (record) et sur le plan du Comité Armagnac-Bigorre record aussi pour les benjamins (3 titres) dans

une compétition de création récente. Créée en 1991, la Coupe de la meilleure école de rugby du Comité est revenue au Stadoceste qui est bien parti pour s'adjuger la 2e édition.

Les plus grands tournois du Sud-Ouest, Agen, Orthez, Saint-Médard, La Roche-sur-Yon ont été enlevés par l'école du Stadoceste.

Depuis trois ans, le Stadoceste a été choisi pour représenter la France au très relevé tournoi international de Rovigo (Italie). Honneur justifié par un comportement constant dans le brio. Troisième, puis premier, enfin quatrième sur 36 équipes de haut niveau et des relations amicales nouées avec des jeunes d'horizons aussi différents que Prague, Taiwan, Trévise ou Northampton.

Tous les organisateurs de tournois sollicitent la participation de l'école tarbaise. Mais ces offres ne sont acceptées qu'au compte-gouttes afin de préserver les intérêts (scolaires en particulier) des enfants. La participation est programmée en fonction de cet élément.

Depuis deux saisons, l'école a quitté le centre aéré de Bours et s'est installée à la plaine de jeux sud (foire-exposition). Elle fonctionne le samedi après-midi et 150 jeunes bénéficient de l'encadrement d'une vingtaine d'éducateurs formés spécialement.

La sécurité est assurée par un ramassage (deux réseaux) effectué au plus près du domicile des jeunes, et, sur le terrain, p j la constitution de groupes par tranches d'âge. Précaution indispensable mais que seuls des effectifs abondants permettent de réaliser.

L'éclatante santé de l'école de rugby engendre un climat interne du meilleur aloi, une ambiance très saine. Le plaisir d'apprendre, la joie de jouer contribuent de façon prépondérante aux superbes succès remportés par minimes, benjamins, poussins et mini-poussins.

La ligne de conduite adoptée par l'encadrement de l'école fait la part belle à une politique de masse. Mais l'élitisme savamment dosé y trouve aussi son compte. Le mot championnite est banni du répertoire.

L'éducation des jeunes, leur formation s'accompagnent d'une culture rugbystique favorable à leur meilleur épanouissement personnel. Les résultats sont là pour justifier l'excellence de la méthode.

Onze présidents en 93 saisons

o De 1901 à 1907, M. Pierre Sentilles fut le premier président du Stadoceste Tarbais fruit de la fusion du Ceste Tarbais (président : Maître Dangos) et du Stade Tarbais (président : P. Sentilles). Il était à l'époque commerçant rue Victor-Hugo. Il était le frère du joueur Jean Sentilles brillant 3/4 centre international et oncle de P. Sentilles également très bon joueur du Stadoceste. Il obtint l'autorisation d'utiliser le terrain situé rue Clarac. Quelques discussions perturbèrent la dernière année de sa présidence et il passa le relais à Jules Soulé.

o Jules Soulé (1907-1945). Venu de Toulouse s'installer à Tarbes, le président Soulé dirigea le Stadoceste durant 38 saisons en y comprenant les quatre saisons de mise en sommeil volontaire durant la grande guerre. Sous sa conduite le Stadoceste remporta 7 titres de champion de France et fut 3 fois vice-champion. La longévité exceptionnelle de la carrière présidentielle de Jules Soulé n'est pas la seule raison de cette superbe réussite. Il faut y voir aussi, le résultat de l'action efficace de gestionnaire de ce dirigeant hors normes qui consacra vie et fortune au Stadoceste. Un chapitre spécial retracera sa féconde carrière. Sa mort ouvrit une période d'instabilité présidentielle qui vit se succéder trois présidents en trois ans.

o M. Fouriscot après maintes réticences succéda à Jules Soulé. C'était pourtant un homme averti, rompu à la vie sportive. Il négocie le retour dans le giron du Stadoceste du groupe du 13 tarbais. Episode heureux pour le club qui récupérait joueurs et dirigeants de qualité. M. Fouriscot tint les rênes deux saisons (1946-1947).

o M. Dubroca (1947), ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, grand amateur de rugby, M. Dubroca assure un intérim pour rendre service au club. Le refus d'autoriser une vente de tickets au profit des sinistrés de l'Est au cours d'un match Tarbes-Lourdes l'amène à donner sa démission.

o M. Mailhe (1948), docteur en médecine très apprécié comme chirurgien dans la cité tarbaise, M. Mailhe prend en main le Stadoceste avec les mêmes raisons de rendre service au club à titre provisoire. Comme annoncé, il passe la main en fin de saison ouvrant la porte à une période de stabilité.

o M. Mathelié (1949-1954). Ce n'est pas sur son curriculum vitae sportif que M. Mathelié est choisi par quelques-uns de ses amis pour prendre en main la direction du Stadoceste. Par contre, la réputation de gestionnaire rigoureux de cet industriel est unanimement reconnue. Réorganisant le club avec méthode ce bon administrateur clairvoyant et prudent peut présenter à la fin de son exercice un bilan flatteur.

En six saisons, trois titres de champion de France Juniors A (1952), Juniors B (1951 et 1952) et deux de vice-champion (équipe I (1951) et Juniors A (1954) ainsi qu'une place de finaliste de la Coupe de France (éq. I en 1951). En 1954 à la surprise générale, M. Mathelié met fin à ses fonctions de son propre gré.

o M. Clément (1954-1957), vice-président en exercice sous la présidence précédente, ancien champion de France 1920, Marcel Clément est plébiscité par ses camarades du comité directeur. IL n'accepte qu'après avoir sollicité et obtenu l'accord des anciens. La situation est des plus difficultueuses. Sur le plan sportif l'ombre du "grand Lourdes" nuit grandement au maintien du Stadoceste tandis que se manifeste un "Comité de rénovation" incisif et combatif à souhait.

Marcel Clément se révèle être un président courtois mais ferme, diplomate et fin manœuvrier qui évite au Stadoceste une crise interne grave. Il atténue la virulence des rénovateurs en faisant participer certains d'entre eux à la gestion du club et en comptant M. Raymond Castells estimé par les deux camps.

M. Clément se retirera en 1957 laissant le Stadoceste dans un climat de sérénité retrouvée et confiant la présidence à M. Castells. Membre du comité directeur du Stadoceste, Marcel Clément a été élevé à la dignité de membre d'honneur du Stadoceste. Cette distinction n'a été décernée qu'une seule fois dans l'histoire du Doyen de Bigorre.

Raymond Castells (1957-1974), P-DG d'une très importante société de travaux publics et de génie civil, Raymond Castells fit son instruction de dirigeant de club aux côtés de Marcel Clément avec, au départ, une ambiance de guerre civile au sein du club. La période des "classes" fut brève l'aisance d'analyse et l'esprit de synthèse de M. Castells lui faisant promptement maîtriser les impératifs de la gestion d'un club. En préambule de son acceptation, M. Castells demanda à choisir ses proches collaborateurs dans les deux fractions alors en conflit. Vœu exaucé et depuis cette époque, le Stadoceste n'a plus eu à souffrir de dissensions en son sein.

Raymond Castells alliant autorité et souplesse dota le club de structures performantes et modernes. En 1961, il mit sur pied, une prospère école de rugby, école qui alimente le club en éléments de bon niveau. C'est sous le règne de R. Castells que fut établie avec la ville de Tarbes la convention permettant au Stadoceste d'utiliser prioritairement le stade municipal.

Sur le plan sportif, la présidence de R. Castells fut récompensée par 4 titres de champion de France dus à l'équipe I (1973) aux Juniors B (1968 et 1970) aux cadets (1970) et 3 de vice-champion par les vertus de l'équipe II (1966) des juniors A (1972) et des Juniors B (1971).

Afin d'assurer des successions sans heurts le président Castells institua un poste de vice-président délégué appelé à prendre certaines responsabilités et prenant la présidence en cas de vacance. C'est ainsi que le docteur Puyo exerça ces fonctions durant une dizaine d'années avant d'assumer les charges présidentielles.

o Robert Puyo (1974-1981) Landais d'origine, ancien joueur du BEC, le docteur Puyo est à l'heure actuelle le plus ancien dirigeant en exercice puisque élu au comité directeur en 1955. Très vite intégré dans la vie du club, vice-président délégué sous l'ère Castells, c'est tout naturellement qu'il succéda à celui-ci.

Héritier du poste mais aussi des principes, le docteur Puyo mena le club avec rigueur surveillant de très près la gestion financière et les évolutions techniques des diverses équipes. Les liens amicaux qui l'unissaient au président Ferrasse valurent au Stadoceste quelques belles affiches de la phase finale à Trélut.

o Pierre Gassan (1982-1986), vice-président délégué de R. Puyo, issu d'une famille impliquée depuis le début du siècle dans le rugby tarbais, Pierre Gassan poursuivit la direction du club selon les critères de ses prédécesseurs. Homme de contact agréable il contribua fortement à maintenir un excellent climat au sein du club tout en conservant sans faillir la place éminente occupée par le Stadoceste au sein de l'élite du monde du rugby. Deux titres de vice-champion avec la Nationale B (1984) et les cadets (1978) récompensèrent sa gestion qu'il interrompit pour cause de surcharge de ses obligations professionnelles et familiales.

o Georges Danglade (1986...), plus de trente années au club en qualité de joueur (n° 10) puis éducateur responsable de l'équipe Juniors A qu'il mena au titre suprême (1970).

Il fit ses débuts de dirigeant sous la présidence de R. Castells et fut désigné comme vice-président délégué lors de l'accession de P. Gassan à la présidence. Homme du sérail par excellence il accéda tout naturellement à la présidence lors du retrait de P. Gassan.

Les anciens du club voient en lui le profil présidentiel se rapprochant le plus de l'apôtre Jules Soulé. Très près des joueurs et des éducateurs, consacrant la majorité de son temps disponible à la gestion du club, Georges Danglade est le rouage prépondérant de la bonne santé qu'affiche le nonagénaire doyen de Bigorre.

Par sa convivialité, ses relations, son sens de l'évolution moderne du sport, il a réussi à bien négocier l'entrée du sponsoring dans le sport de haut niveau et à maintenir le Stadoceste parmi la fine fleur du rugby. Très bons résultats aussi pour l'école du rugby dont il surveille le fonctionnement avec une attention toute particulière.

Au palmarès, 1 titre de champion de France Cadets (1988) 2 fois vice-champion Equipe I (1988), Cadets (1989).

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Le titre en 1919 (compétition alors appelée Coupe de l’Espérance)

A la fin de l'été 1918, les armées alliées s'assurent un avantage décisif sur les armées allemandes. Deux sociétés tarbaises rivales pratiquent le rugby au plus haut niveau. Il s'agit de l'Union Sportive Tarbaise et du Club Olympique Tarbais. Ce dernier club qui a réussi à récupérer le terrain de Sarrouilles abandonné par le Stadoceste mis en sommeil, s'assure le meilleur sur le plan du comité Armagnac-Bigorre. A l'amorce de la saison 1918-1919, ces deux clubs fusionnent sous le nom de Stade Tarbais qui établit son siège social au Café de la Colonne. L'union des deux sociétés a doté le Stade Tarbais d'un potentiel joueur riche en qualité et en quantité. La suppression de la concurrence a assaini les finances du club qui s'avèrent prospères : qualifié pour la phase finale du championnat, le Stade Tarbais élimine Bergerac (31-3) en 8e de finale, puis Lyon (6-0) en quart de finale.

A la veille de la demi-finale qui doit opposer l'équipe tarbaise à Béziers, une importante réunion se tient au Café de la Colonne et décide (29 mars 1919) de fusionner Stade Tarbais et Stadoceste Tarbais et de reprendre le nom d'avant la Grande Guerre. Le chroniqueur de l'époque note : " L'assemblée a voté à l'unanimité la fusion. Cet hommage de reconnaissance aux mutilés et aux morts disparus dans la fournaise de la Grande Guerre ne peut qu'être approuvé par tous les sportifs de la Cité Tarbaise ".

Le lendemain, le Stadoceste ne faisait qu'une bouchée (25-5) de Béziers et accédait à la finale nationale contre l'Aviron Bayonnais. Finale fixée à Bordeaux le 13 avril 1919. La victoire devait sourire au Stadoceste 4 à 3 (1 drop goal à 1 coup franc). " La vaillance des avants et la science des lignes arrières du Stadoceste eurent raison de la fougue et de l'agilité légendaires des Basques ". Si le score n'accuse pas d'essai, il s'en fallut d'un cheveu que par deux fois les Tarbais ne franchissent la ligne blanche. Balansa fut le meilleur homme. La partie fut arbitrée par Cyril Rutherford et l'on put lire dans la presse de l'époque, sous la plume de L. Baylac : " C'est bien la meilleure équipe qui a gagné, celle qui a présenté un tout homogène, jouant un jeu classique très remarqué et le score ne traduit pas fidèlement la supériorité du football fourni par les Tarbais ".

Dans l'Athlète, Henry Hoursiangou analyse : " Ce sont deux superbes équipes de valeur sensiblement égale. Elles méritaient toutes deux le suprême honneur. Songez que Bayonne a essuyé sa première défaite de la saison et par un unique point ! Mais en toute justice, sur le vu de la partie, Tarbes est bien le champion. En bons sportsmen qu'ils sont, les Bayonnais l'ont reconnu. Je comprends que toute la population tarbaise soit allée au devant de ses fils victorieux, qu'elle les ait couverts de fleurs à la lueur des feux de Bengale, au milieu des flonflons de la musique, que Soûlé (Jules) ait laïussé toute la nuit au Café de la Colonne pendant que Ricarte exterminait un saucisson à l'ail, que Nicolaï cassait simplement la croûte avec six plats et deux desserts et que Balansa rêvait à ses haciendas sud-américaines ".

Paul Voivenel y alla de son couplet : " Tarbes est champion de France de rugby. Le Stadoceste triomphe en équipes première et deuxième. Et mon cœur se réjouit. L'ascension d'un club vaillant a atteint le radieux sommet. Elle a débuté il y a bien longtemps déjà lorsque des dortoirs du lycée vers 1897 et 1898 nous regardions avec inquiétude le ciel douteux les matins des matches de la Pyrénéenne avec les Bleuets et les Boutons d'Or des lycées voisins. Nous n'imaginions guère qu'un jour un quinze local décrocherait le bouclier symbolique dont le champion de France a la garde pour un an ".

Le docteur Voivenel poursuit : " Devenus étudiants, les collégiens jouèrent soit à Bordeaux, soit à Toulouse. Puis, des passionnés, des apôtres, Maumus, Duffour, Soûlé, ayant au cœur l'amour de leur cité mirent tout leur tenace enthousiasme à l'organisation d'un grand club. Aidée d'abord de ces rivalités et de ces heurts d'amour-propre si fréquents dans le nerveux monde sportif, leur foi attira sur les bords de l'Adour des athlètes toulousains et de jeunes révélations. Dès lors, le Comité des Pyrénées assista à de farouches batailles de championnat où le Stadoceste se rapprocha peu à peu du Stade Toulousain et finit par le battre. Fougueuse, passionnelle, violente mais loyale, la rivalité s'accentua, si bien que, après une série d'incidents, fut créé le Comité Armagnac Bigorre dont Tarbes devint la capitale. "Et le Stadoceste montait toujours.

"Le dimanche 13 avril 1919, le Stadoceste Tarbais a vu enfin sa vaillante persévérance récompensée. Je ne risque pas de déplaire aux admirables athlètes de Bayonne en disant que ce fut justice.

"Un nom nouveau sur le Bouclier de Brennus augmente d'autant la gloire méridionale.

"Bravo Tarbes ! Les anciens de "La Pyrénéenne" exultent de joie ". Signé Paul Voivenel.

Le retour des vainqueurs

Dès 20 heures, la cour de la gare de Tarbes est noire de monde. Les équipiers premiers du Stadoceste champions de France doivent arriver à 20 h 59. Toutes les sociétés tarbaises sont présentes avec des gerbes.

L'Harmonie et la Lyre préparent leurs cuivres, les Troubadours Montagnards chauffent leurs cordes vocales. Le train a du retard et n'entre en gare qu'à 21 h 40. Seuls les membres du Stadoceste, de la Municipalité, de la Presse et les délégations des sociétés sont admis à pénétrer dans la gare.

Les glorieux vainqueurs descendent du train au milieu d'applaudissements enthousiastes et sont conduits dans la salle de réception. Au nom de la Ville de Tarbes, M. Boue, maire, dans une improvisation très applaudie, félicite les champions pour leurs exploits guerriers et sportifs. Les cœurs sont émus, les yeux se mouillent et l'on sent planer au-dessus de la foule les ombres des finalistes de 1914 morts au champ d'honneur.

Les Stadocesistes sortent de la gare. Une acclamation formidable, ininterrompue, escorte les joueurs dans leur promenade triomphale à travers la ville. Précédés par l'Harmonie Tarbaise qui joue ses marches les plus entraînantes, les joueurs sont portés en triomphe par des supporters fanatiques. Le cortège arrive à 22 h 15 au Café de la Colonne, siège du club. Malgré la pluie qui tombe, la foule est toujours aussi dense et aussi chaleureuse. Nouveaux discours et les joueurs qui espéraient un lunch d'honneur se dispersent pour aller combler le petit creux qui tracasse leur estomac.

Composition de l'équipe : Balansa, Cayrefourcq Edmond et Ferdinand, Borde, Jaureguy Denis, Mandret, Ricarte ; 3e ligne Vogt, Galiay, Bordevielle ; 2e ligne Cassayet, Nicolaï; 1re ligne Castérot, Hernandez, Duffourc.

Titre 1920 (premier titre officiel de Champion de France)

Après une longue phase préliminaire, où ont été éliminés de la compétition successivement Bayonne, Lyon, Dax, Toulouse, Bordeaux, Le Havre et Perpignan, restent finalement en présence le Racing Club de France, champion de Paris, et le Stadoceste Tarbais, champion d'Armagnac-Bigorre.

La finale sera disputée à Bordeaux, devant des milliers de spectateurs, convergeant de tous les coins de France. La recette dépassera 70 000 F or.

L'Equipe révèle dans ses colonnes que c'est M. Leroy, du Comité des Pyrénées, qui arbitrera : " Il ira de Toulouse à Bordeaux en avion samedi après-midi ". Les drapeaux de touche seront tenus par Fernand Forgues, international, capitaine de l'Aviron Bayonnais, et Henri Lahitte, capitaine de la Section Bordelaise.

Le match

C'est le Racing qui ouvre le score par un essai marqué par Thierry que Crabos ne transforme pas. La première mi-temps est âprement disputée et les Tarbais s'assurent une bonne domination du terrain. Les premières mêlées sont écrasées et le jeu se durcit. Dominé en touche, le Stadoceste parvient, à l'énergie, à garder l'avantage et à constamment se dégager. Il devient de plus en plus menaçant : un dribbling de Cassayet permet une tentative de drop infructueuse, Nicoleau est stoppé près de la ligne de but par Jauréguy. En fin de première mi-temps, les avants tarbais récupèrent le ballon sur un coup de pied à suivre, il parvient à Cayrefourcq qui déborde André et ramène le score à égalité.

A la reprise, le Stadoceste joue face au soleil. Il s'impose progressivement. On assiste à un beau duel d'arrières. Sur une magnifique attaque des trois-quarts tarbais, c'est l'aîné des Cayrefourcq qui perce, mais il est plaqué à deux mètres de la ligne. Le Stadoceste prend le ballon sur la mêlée qui suit, Galiay marque un essai que Boubée transforme. Tarbes 8, Paris 3.

Les Racingmen vont jeter toutes leurs forces dans les derniers moments du match. Mais le Stadoceste maîtrise parfaitement la situation. La victoire ne semble pas pouvoir lui échapper, les Parisiens redoublent d'énergie sans arriver à inquiéter sérieusement le Stadoceste dont la supériorité sera manifeste jusqu'au coup de-sifflet final.

Tandis que l'équipe I remportait le Bouclier de Brennus, l'équipe II s'inclinait en finale devant l'Aviron Bayonnais par 9 à 6 : les règlements en vigueur permirent, curieusement, que les Bayonnais gagnent le titre sur leur terrain.

Le retour des champions

Le lundi 26 avril, le retour des joueurs du Stadoceste, champion de France, avait attiré, dans la soirée, vers la gare, toute la population de la ville.

Sur le quai, MM. Gibracq et Clarens, adjoints au maire, les présidents de toutes les Sociétés Tarbaises attendaient l'arrivée du train. La Municipalité avait fait préparer une gerbe splendide et toutes les Sociétés avaient apporté de superbes gerbes.

Après l'arrivée du train, vers 21 h, tout le monde était regroupé à l'intérieur du hall de la gare pour écouter le magni-fique discours de M. Gibracq qui adressait au Stadoceste les félicitations de toute une ville. En termes émus, Jules Soûlé remerciait M. Gibracq.

Puis, le cortège prit la direction de la ville, précédé par un peloton de hussards. Les Sociétés avançaient dans l'ordre suivant : la musique de l'Harmonie, la clique de la Bigourdane, la Bigourdane, le Ludus pro patria, la Pyrénéenne, la Lyre Tarbéenne, les Troubadours Montagnards. Sur tout le parcours, une foule énorme faisait de vibrantes ovations aux champions tarbais. On emprunta la rue Victor-Hugo, la rue Lefranc pour arriver à la place de Verdun. Puis, le cortège traversa la rue Maréchal-Foch pour arriver au siège du club, place de la République. Là encore, devant le Café de la Colonne, des ovations et des applaudissements frénétiques ont prouvé aux vainqueurs combien la population tarbaise était fière du triomphe de ses valeureux représentants.

Pour clôturer en beauté cette saison glorieuse, l'Equipe de France viendra affronter à Sarrouilles les nouveaux champions. Match superbe que remportera, par 8 à 6, l'Equipe de France.

La tribune officielle, pavoisée aux couleurs nationales, illustrait bien l'enthousiasme soulevé par l'obtention d'un titre au nom du Stadoceste enfin, après la finale perdue de 1914 et celle gagnée de 1919, mais inscrite au Bouclier au nom du Stade Tarbais.

Dans la tribune officielle, avaient pris place : M. le Préfet ; M. le Colonel commandant la place de Tarbes ; M. le Sénateur Paul Dupuy et Madame ; M. le Sénateur Pédebidou, Président du Conseil Général ; MM. les Députés Fould, Sempé et Boue, maire de Tarbes ; MM. Gibracq et Clarens, adjoints ; MM. Abadie et Dasque, conseillers municipaux ; les docteurs Senesse et Batsère, etc.

A 17 heures, au siège du Comité Armagnac-Bigorre, un Champagne d'honneur réunit joueurs, dirigeants et invités.

Le vatel Fernand Lugardon, de l'Hôtel Régina, servit aux champions ce fin et succulent repas : consommé brésilien ; bar sauce normande ; filet de bœuf bouquetière ; asperges en branche ; poulardes truffées à la (proche ; Saint-Honoré, dessert, café, Armagnac, liqueur Châtelaine.

Marcel Clément se souvient

A 95 ans révolus, Marcel Clément a conservé un parfait souvenir de cette inoubliable journée ainsi que de la phase préparatoire. Il partage ce privilège avec un autre Tarbais, François Berrens, qui instrumentait au Racing et coule une retraite paisible à Morgues.

Marcel Clément, demi de mêlée, avait ouvert les portes de la finale aux Tarbais en marquant (lors des prolongations) un superbe essai personnel qui ruina les chances de Perpignan. Voici ses souvenirs :

<> Le départ de Tarbes eut lieu le samedi 24 avril 1920 à 8 h 30. Voyage dans un wagon de 3e classe aux banquettes de bois. Il fallait alors sept heures pour rallier Bordeaux. A la gare Saint-Jean, quelques amis nous attendaient pour nous conduire en camionnette, une partie au Grand Hôtel de Bordeaux, une autre au Normandie Hôtel, tout proche. Durant le voyage, Cassayet se trouvait fatigué et très nerveux. Jouerait-il ? Dès l'arrivée à l'hôtel, il se coucha et fut énergiquement soigné, son coéquipier Rouch jouant l'infirmier de service. Avec une amélioration due à un "cachet miracle", l'espoir revenait au sein de l'équipe et dans le cœur du brave président Jules Soulé que cet incident avait mis dans tous ses états.

Le dimanche, le Stadoceste était invité à 10 h à la mairie de Bordeaux. Toujours en camionnette bâchée, nous étions exacts au rendez-vous. Puis, l'équipe rejoignit un restaurant situé près du terrain. La baronne de Rothschild était notre invitée et présidait. Elle remplaçait son époux, député des Hautes-Pyrénées retenu par d'autres obligations. Le président Soulé, courtois et toujours très galant, la remercia de sa présence et aussi d'avoir obtenu la mutation du militaire Jeangrand, de Fontainebleau à Tarbes. Madame la Baronne répondit malicieusement : " Je souhaite que mon protégé contribue efficacement à la victoire des Tarbais ".

Inquiétudes peu avant le match pour le capitaine Galiay, victime d'une entorse à la cheville le dimanche précédent. Jules Soulé avait fait appel à un réputé masseur bordelais M. Salie, par ailleurs masseur attitré de l'équipe de France. Salie examine le joueur et d'un mouvement rapide et habile réduit l'entorse. Un cri de douleur de Galiay nous effraie. Tout est perdu ? Non. Salie dit avec assurance : " Tu peux jouer ". Joie quasi générale excepté pour Duport, prévu comme remplaçant qui pleure son rêve envolé.

Dernières recommandations, visages blêmes, gorges serrées, il était temps de pénétrer sur le terrain. Annoncés au porte-voix, un par un, Parisiens d'abord, Tarbais ensuite firent leur entrée sur le terrain sous de longues ovations. De puissants chants montagnards nous rappelèrent nos devoirs. Il fallait se battre et vaincre. Les quinze blancs ne faillirent pas. Une véritable équipe de club, ardente et homogène, triompha d'un quinze parisien constellé d'étoiles internationales.

Le soir, repas officiel pris en commun, sortie nocturne des deux équipes. La troisième mi-temps fut certes un peu agitée mais on s'amusa en copains. En cette occasion, une prime de sortie (la seule de l'année) nous fut allouée. Son montant fut de 20 F.

Composition de l'équipe : Casnabet ; Jeangrand, Nicoleau, Cayrefourcq Ferdinand et Edmond ; (o) Ricarte (m) Clément ; Larrieu, Galiay, Boubée ; Cassayet, Rouch ; Prat, Hernandez, Nicolaî. Remplaçants : Duport, Lhérété, Nicoleau A.

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Finale gagnée de 1973

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